Histoire du négoce de diamants

Histoire du négoce du Diamant (Source Internet)

En Inde, le diamant était connu dès la haute antiquité. (1500 ans avant Jésus-Christ.) Les Anciens communiquaient avec l’Extrême-Orient par les fleuves et par la mer. C’est ainsi que les marchands portèrent en Toscane les premiers diamants.

Au début du Moyen Age les pierres précieuses d’Orient arrivaient par la fameuse «Route de la Soie», qui subsistera jusqu’au début du XIXe. siècle.

XVe siècle, Venise détient le monopole du commerce du diamant brut et il semble même qu’on y ait ébauché les premières tentatives de taille. Il ne s’agit que de pierres dont les surfaces planes ont été agrémentées de quelques facettes.

A Bruges, le tailleur Louis de Berquem met au point une technique de taille du diamant qui sera utilisée jusqu’au début du XXe siècle.

Bruges devint rapidement un centre réputé de taille, ce qui lui valut d’être appelée la Venise du Nord, absorbant ainsi la plus grande partie des  diamants en provenance de Venise.

A la fin du XVe siècle, le déclin de Bruges, comme ville portuaire, s’accompagna de celui de son activité diamantaire qui passa à Anvers en pleine expansion

En 1501, les premiers navires chargés d’épices et de pierres précieuses entrent à Anvers et en 1582 est créée la « Guilde des coupeurs de rubis et de diamants ».

Dès la fin du XVe siècle, de nombreux tailleurs de diamant et de pierres de couleur quittèrent la ville et s’installèrent à Amsterdam pour échapper aux persécutions religieuses de l’Inquisition. Sans perdre complètement sa tradition diamantaire, Anvers dut pourtant céder la première place à Amsterdam dans le négoce et la taille du diamant.

Les Hollandais devinrent à ce moment-là une puissance maritime avec «La Compagnie des Indes Orientales», qui sillonne les mers d’Extrême-Orient, rapporte des épices et surtout des diamants, qui sont taillés et négociés à Amsterdam.

En avril 1598, Philippe II d’Espagne lègue les Pays-Bas à Isabelle et Albert d’Autriche. Ainsi commence le « siècle d’or » pour Anvers. Les tailleurs et négociants reprennent leur activité, et Rubens, peintre de génie, est aussi un diplomate et un négociant en diamants.

Au début du XVIIE, des mineurs de Villa do Principe en prospection pour l’or, trouvèrent les premiers cristaux de diamants brésiliens dans les torrents de montagne à Tejuco, la région qui va devenir «Diamantina».

Au XVIIe siècle, Londres devient à son tour un important centre diamantaire. Malgré la découverte des gisements de diamants au Brésil et la production abondante qui s’ensuivit, l’évolution du commerce diamantaire ne subira pas de changement notable jusqu’à la mise en exploitation des mines d’Afrique du Sud après 1870.

Ce fut d’ailleurs pour Londres l’occasion de confirmer sa place comme centre mondial du diamant brut et pour Anvers, celle de reprendre sa place comme centre du diamant taillé car, malgré la longue crise que la ville avait traversée,

Les années qui suivirent furent marquées par des périodes d’expansion, puis de récession, suivies d’une reprise juste avant la guerre des Boers en 1899 qui entraîna une pénurie du diamant brut.

La découverte de grandes quantités de petites pierres de bonne qualité dans le Sud-Ouest africain, alors possession allemande, provoqua un renouveau du marché, rapidement effacé par la guerre de 1914- 1918.

Dès la fin de la Première Guerre mondiale, on assista à une reprise des échanges diamantaires qui dura jusqu’en 1920, avant la grande crise économique mondiale qui s’annonçait.

Dans l’intervalle des deux guerres mondiales, Amsterdam connut un déclin brutal provoqué par la réorganisation de la fiscalité ce qui profita à Anvers où la pression fiscale était moins forte. Nombreux furent les diamantaires hollandais qui quittèrent Amsterdam pour s’installer à Anvers et y bénéficier de meilleures conditions de travail.

A Anvers comme à Amsterdam, le florin hollandais était resté l’unité monétaire courante, provoquant des différends concernant le taux de change entre le florin hollandais et le franc belge. Pour mettre un terme à cette polémique, l’on décida de payer un montant fixe de 20 francs belges pour 1 florin. Cette unité monétaire virtuelle fut appelée florin-diamantaire.

Le florin-diamantaire fut utilisé durant de nombreuses décennies dans le secteur du diamant, grâce surtout à la mentalité des marchands de diamants plus âgés qui étaient attachés à cette monnaie imaginaire. Lors de l’effondrement de la livre anglaise, De Beers décida d’utiliser le dollar comme seule unité monétaire pour toutes les transactions. La De Beers qui depuis la fin du XIXe siècle « contrôlera », pendant près d’un siècle la production diamantifère et indirectement sa stabilité.

 Jusqu’à la fin de 1948, les années qui suivirent la fin de la Seconde Guerre mondiale furent des années de gloire pour le secteur diamantaire et, parallèlement, le diamant industriel prit un essor considérable à la suite des recherches technologiques, suscitées par le conflit mondial.

Après une certaine accalmie, la guerre de Corée de 1950 provoqua une reprise spectaculaire des ventes de diamant. Ce furent alors les golden sixties, des années de remarquable stabilité et de prospérité pour le diamant qui prirent fin en 1973 avec le début de la crise du pétrole.

Dans le même temps, le secteur du diamant taillé subissait de profonds réaménagements à la suite de la concurrence imposée par les pays à bas salaires ou subsidiés, comme l’Inde, Israël, la Thaïlande, le Sri Lanka, les Iles Maurice, le Vietnam et la Chine qui accaparèrent la taille des petites marchandises, en obligeant ainsi Anvers à ne plus tailler que les grosses pierres de grande valeur.

1980 fut l’année de spéculation sur les pierres à certificat d’un carat qui atteignirent des prix astronomiques. Suite  à  la  création  des  laboratoires de certifications tels qu’EGL, IGI et HRD, le métier échappa aux mains des professionnels et des bureaux « d’investissements » poussèrent comme des champignons. N’importe qui pouvait vendre du diamant avec des certificats donnant les qualités de la pierre. Une surenchère inévitable suivit, avec des publicités (mensongères) promettant des bénéfices extraordinaires jusqu’à 25 % par trimestre. Des diamants jaunes avec des piqués noirs furent vendus comme pierres exceptionnelles sous le nom de « diamant panthère ». Même de tout petits brillants étaient scellés et accompagnés d’un certificat. Tout naturellement, les prix s’effondrèrent et retrouvèrent des cours normaux en 1982.

La fin du XXe siècle est aussi la fin de l’empire De Beers, qui doit abandonner son monopole, aussi bien aux États-Unis qu’en Europe. De nouveaux acteurs apparaissent : Rio Tinto, BHP Billiton (Australie) et Alrosa (Russie). Ceux-ci vont continuer la politique de stabilité tracée par De Beers, qui n’a plus « que » 50% de la production.

Depuis 1990 le diamant synthétique, qui n’était utilisé que dans l’industrie, fait son apparition dans le secteur de la joaillerie. Une nouvelle ère commence : le diamant naturel s’épuise, le diamant de synthèse le remplacera-t-il ? Aux États-Unis, la vente de bijoux est déjà ancrée dans les mœurs, ce qui n’est pas encore le cas en Europe et en Orient. Le diamant naturel deviendra rare et recherché, tout comme les beaux rubis. Le premier rubis synthétique est apparu vers 1880, aussi beau, voire plus beau que le naturel. Les journaux d’époque annoncèrent la fin du rubis naturel.

Le consommateur jouit désormais d’un atout important avec les grands laboratoires de certification (I.G.I., H.R.D. et G.I.A) qui garantissent l’authenticité de la pierre.